Interview exclusive : Frédéric Schoendoerffer parle Affaires

Frédéric Schoendoerffer

Une nouvelle interview réalisée dans le restaurant parisien Le Talon Aiguille * pour Showtime Folks. Frédéric Schoendoerffer parle projets et actualités, se raconte sans en dire trop. Une rencontre avec le réalisateur discret, entre franchise et humilité.

Pouvez-vous nous parler d’Une femme d’affaires, votre prochain film ?

C’est un film que je dois tourner au mois de février. C’est l’histoire d’une femme qui, à 43 ans, a l’occasion de pouvoir rejouer, de pouvoir recommencer sa vie. Le casting est déjà établi puiqu’il y aura Sandrine Kiberlain, Gérard Depardieu, Jacques Perrin et Jean-Hughes Anglade qui joueront les quatre personnages principaux.

Vous avez rencontré Jean-Hughes Anglade sur le tournage de Braquo ?

Un des grands plaisirs que j’ai eu sur Braquo a été de rencontrer Jean-Hughes Anglade, qui est un personnage remarquable et un acteur époustouflant. Il est très plaisant dans le travail car très investi. Cela a été une rencontre et c’est vraiment quelqu’un avec qui j’ai envie de retravailler, ça c’est sûr !

Vous passez au biopic avec Une femme d’affaires…

Non, pour moi ce n’est pas un biopic, c’est plutôt un film sur le monde de l’argent et sur le côté business, commission, retro-commission, et l’âpreté que peuvent avoir les gens par rapport à l’argent. C’est un sujet extrêmement actuel. Il se trouve que ça fait 3 ans que je travaille sur le scénario et la crise nous a rattrapés d’une certaine manière. C’est peut être même plus intéressant qu’avant, parler de l’argent, du rapport que les gens ont avec l’argent et du problème que cela pose.

l'argent

On peut lire un peu partout que le film se base sur la vie de Christine Deviers-Joncour…

Non, non. Comme je voulais un personnage principal féminin plongé dans une histoire d’argent, je voulais avoir une référence, je voulais travailler avec quelqu’un en tête qui avait vécu cette expérience-là.

Et avec Christine, ce qui m’a intéressé, c’est sa cartographie émotionnelle et mentale, ce qu’elle pensait à tel ou tel moment quand tout cela lui arrivait et pas du tout de savoir ce qui s’est passé sur l’affaire Elf puisque mon film ne parle pas de ça. On a transposé tout ça.

Je voulais savoir comment elle vivait tout ça, intimement. En fait, Une femme d’affaires est un film sur le monde de l’argent, du business, du côté corruptible de l’argent, et en même temps un portrait de femme moderne avec, je l’espère, quelque chose de romanesque, à la manière de L’affaire Thomas Crown.

Avez-vous l’intention d’être aussi cru que dans vos précédents films ?

La tentative de ce film est de parler de ça, vraiment ! (il insiste sur le mot « vraiment »)

Cela annonce-t-il un changement du style de votre part ?

Non, je ne pense pas. Ce qui m’intéressait, c’était de faire un film où il n’y aurait pas de policiers, où il n’y aurait pas d’armes, où il n’y aurait pas de fusillades ou de cascades de voitures. Donc, déplacer un peu la caméra sur autre chose… Mais ça reste un thriller avec du suspense et aussi un hold-up à la fin. Malgré tout, on essaye de faire quelque chose un peu amusant à regarder, distrayant.

Tomer Sisley dans le film "Truands"

Peut-être un peu plus grand public que Truands par exemple…?

C’est vrai que Truands n’est pas vraiment grand public parce qu’il était  interdit au moins de 16 ans lors de sa sortie en salle. Je ne recherche pas tellement le grand public mais je veux aller dans une zone qu’on connaît un peu moins, c’est plus intéressant.

Avez-vous écrit le scénario seul ?

Je l’ai écris avec Dominique Manotti, une femme qui a été Professeur des universités et qui est écrivain de romans noirs policiers (Lorraine Connection, Nos Fantastiques Années Fric).

Un petit mot sur la série télé qui fait parler d’elle, Braquo. Comment êtes-vous arrivé sur ce projet ?

Olivier Marchal m’a contacté. Je le connais depuis 3, 4 ans et je pense pouvoir dire qu’on est ami. Il a joué dans mon dernier film, Truands, et on s’est très bien entendu. Je crois qu’à un moment donné, quand il a écrit cette série, il s’est dit que tourner les 8 épisodes serait trop long, puisque cela représente 98 jours de tournages. Il s’est dit que quelqu’un devrait faire la moitié du travail avec lui, et il a pensé à moi, ce qui est extrêmement sympathique de sa part. Cette proposition m’a intéressée parce qu’elle venait d’Olivier Marchal, et qu’on a beaucoup de goûts en  commun dans le cinéma et qu’on fait tous les deux des films noirs.

Pourquoi être passé au format télé ?

J’étais très curieux. A partir du moment où cette proposition venait d’Olivier, elle était très authentique puisque c’est lui qui a écrit les 6 premiers épisodes. A ce moment-là, on se met au service d’un format et c’est quelque chose de très intéressant. J’ai beaucoup appris. C’est une expérience très fructueuse et qui me servira pour mes prochains films. C’est très positif.

On peut lire que vous préparez un autre téléfilm pour Canal + sur l’affaire Erignac ?

J’ai lu ça sur internet, je ne sais pas d’où ça vient. Je n’ai pas lu un texte, on ne m’en a même pas parlé.

Et où en sont vos autres projets de films, Le Serment des Limbes (adapté de Jean-Christophe Grangé) et Le Lutetia ?

Pour Le Serment des Limbes, c’est un film que je ferais vraisemblablement. C’est en projet. Et pour Le Lutetia, le scénario est terminé. Je l’ai écrit avec Isabelle Poudrier, une scénariste très talentueuse. Il y aura peut être une issue favorable à ce projet dans l’année qui vient. A voir !

Jean-Christophe Grangé, auteur du Serment des Limbes

Un casting ?

Pas de casting pour ces deux films.

Quel est le dernier film que vous ayez vu au cinéma ?

J’y vais très peu mais le dernier film que j’ai vu c’était Public Enemies de Michael Mann. C’est un film de Michael Mann donc il y a toujours quelque chose d’excitant. Après ça, je crois que définitivement, je n’aime pas la haute définition, mais bon, c’est un goût personnel. J’ai aimé le film, j’ai trouvé Johnny Depp fascinant. Mais une petite déception quand même sur l’ensemble.

Quels sont vos 3 films préférés ?

L’armée des ombres de Jean-Pierre Melville

Lawrence d’Arabie de David Lean

La ligne rouge de Terrence Malick

Vous nourrissez-vous de films avant d’en réaliser un nouveau ?

Non. Quand on prépare un film ou qu’on tourne, on ne regarde plus rien. Par contre, quand j’écris ou que je réfléchis à ce que j’aimerais faire, je regarde beaucoup de films. Et finalement, je m’aperçois que je ne suis pas très curieux parce que je regarde les films que j’aime beaucoup. Je suis une sorte d’obsessionnel, ce qui veut dire que, quand j’aime un film,  je peux le voir 50 fois !

Propos recueillis par Showtime Folks (Paris – Septembre 2009)

*Le Talon Aiguille , 8 avenue du Maine 75015 Paris

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~ par Mado sur 20 octobre 2009.

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