Preview : ‘Agora’ d’Alejandro Amenabar

Agora, c’est le passage d’Alejandro Amenabar à la super-production, au péplum XXL façon Cecil B. De Mille. Et si l’Espagnol avait exercé ses talents outre-atlantique, chez Les Autres, il dispose ici de 50 millions de dollars (co-production Espagne-Malte) pour un projet très ambitieux : filmer la vie d’Hypathie d’Alexandrie, une philosophe et astronome du IVe siècle qui fascine autant son esclave, Davus, que son disciple, Orestes. Autant dire que sa marge de manoeuvre était plutôt limitée.

Le réalisateur réussit tout de même à faire d’Agora une fable singulière en plaçant sa caméra juste au-dessus de la célèbre cité, superbement reconstruite pour l’occasion. Régulièrement, à la manière d’un scientifique derrière son microscope, le cinéaste prend du recul sur les évènements pour mieux observer les acteurs de l’Histoire. C’est là le véritable leimotiv d’Amenabar, qui nous le rabâche de façon plus ou moins grossière (lors de beaux plans aériens ou lors d’un maladroit gros plan sur des fourmis qui s’affairent).

La violence et le réalisme de certaines scènes (voir cette scène digne d’Inglourious Basterds dans laquelle les pierres fusent comme des balles sur des chrétiens pris au piège) donnent un réel intérêt au film. Autre point de vue qui mérite qu’on s’y attarde par les temps qui courent, la charge d’Amenabar contre le christianisme qui rappelle que celui-ci ne s’est pas propagé par l’opération du Saint-Esprit mais bel et bien par le biais de massacres en tous genres.

Toutes ces qualités ne font malheureusement pas d’Agora un aussi bon film que Mar Adentro (son dernier film en date, récompensé par l’Oscar du meilleur film étranger en 2005) car il sombre vite dans un classicisme ennuyeux servi par une brochette d’acteurs corrects (Weisz, Minghella Jr. et Isaac ont leurs moments mais n’impressionnent pas). La musique dramatique (qui n’est pas signée Amenabar pour une fois) se fait également trop présente et les répliques sonnent parfois faux.

Notre attention s’attardera surtout sur la performance habitée d’Ashraf Barhom (Paradise Now, Le Royaume et bientôt Lebanon, Lion d’Or à Venise), en chrétien extrémiste, qui fascine dès qu’il apparaît à l’écran et sur une jolie scène de fin qui flirte avec le ridicule avant de nous confirmer qu’on a eu raison de rester jusqu’à la fin.

En 2 mots : un film agréable à voir mais vite oublié.

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~ par Stephon sur 7 décembre 2009.

2 Réponses to “Preview : ‘Agora’ d’Alejandro Amenabar”

  1. quelqu’un d’efficace , cet A.A. là !

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